lundi 19 avril 2010

Hypothermie

de Arnaldur Indridason

traduit de l'islandais par Eric Boury

Metailié


Février 2010


304 pages











 Site de l'éditeur ICI



Mon avis :

L'Islande qui est à la une des actualités ces temps ci, est la toile de fond de ce roman où  le commissaire Erlendur enquête cette fois-ci, tout seul,  loin de ses collègues. Au mépris du réglèment, il veut en savoir plus sur Maria qui s'est pendue dans son chalet au bord du lac. Plus il fouille dans le passé de la jeune femme, plus son intuition lui dit que tout n'est pas aussi clair qu'il y parait. Un mari pas si éploré que ça, un deuil impossible à faire,  des médiums, , des fantômes, des expériences interdites, la vie et la mort qui se côtoient, ...
Parallèlement, il rouvre le dossier de deux disparitions de jeunes gens, vieilles de 30 ans, non élucidées mais pour lesquelles il aimerait apporter une réponse aux parents avant qu'il ne soit trop tard pour eux.
Son obstination l'amènera à faire la lumière sur ces affaires.
Notre commissaire, anti-héros par excellence, est miné lui aussi par ses démons, sa culpabilité : la disparition de son jeune frère, l'échec de son mariage, ses enfants en mal de vivre. Et on en apprend un peu plus sur sa vie privé.
Les paysages islandais rajoutent à l'ambiance noire du roman. 

lundi 22 mars 2010

La reine des pommes



 Réalisé par Valérie Donzelli

Avec Valérie Donzelli (Adèle) Jérémie Elkaim (Mathieu, Pierre, Paul, Jacques)
Béatrice de Stael (Rachel)

 Durée : 1h24

Sortie : 24 février 2010









 
 Le site officiel du film  ici


Un film à la fois émouvant, drôle, dingue, érotique parfois, frais et léger...Valérie Donzelli  compense le manque d'originalité de son sujet (une rupture amoureuse) par une créativité dans la mise en scène des situations (avoir-alire.com), parfois proche du roman-photos. Le jeu récitatif des comédiens donne une ambiance particulière au film,  à la limite de la caricature, tout comme certains personnages (Jacques notamment avec ses grosses lunettes et son imperméable). Un seul comédien pour quatre personnages masculins afin d' appuyer sur l'état d'obnubilation d'Adèle sur son amour perdu, et une belle pirouette finale.
La réalisatrice a aussi composé la musique du film et Benjamin Biolay les paroles des chansons.

Un premier film pour Valérie Donzelli mais un film vraiment peu ordinaire!..à croquer à pleines dents :o)

lundi 15 mars 2010

Mères juives des hommes célèbres

de Bruno Halioua

Edition Bibliophane

2002

233 pages










Si vous avez le temps, écoutez la conférence sur "La mère juive dans tous ses états" présidée par B.Halioua


Vous découvrirez les mamans de Einstein, des Marx Brothers, de Woody Allen, Sarah Bernhardt, Marc Chagall, Anne Franck, Amadeo Modigliani, Marcel Proust, Freud, Karl Marx.
Mais ces mères ne sont-elles pas mères avant d'être juives ? ou alors suis-je un peu juive ? :o) des mères avec leur amour et leur excès, capables du meilleur comme du pire. Certaines sont émouvantes, d'autres drôles, ou encore horripilantes...

Personnellement, j'ai été émue par Nina Gary (la maman de Romain) qui sentant sa fin venir (atteinte d'un cancer) a écrit d'avance près de 250 lettres qu'elle a demandé à une amie d'envoyer à son fils (engagé dans la Résistance) jusqu'à son retour en France. Il nous dit " grâce à ce stratagème, je continuai à recevoir de ma mère la force et le courage qu'il me fallait pour persévérer alors qu'elle était morte depuis plus de trois ans".

Je ne résiste pas à vous faire partager l'humour de cette petite devinette :
Quelle est la station préférée des mères juives ?
-C'est la station Monge ,parce que "Monge mon fils ,monge" !

lundi 22 février 2010

Beetlejuice

Titre original : Beetle Juice
 
Réalisé par Tim Burton
Avec Michael Keaton (Beetlejuice), Alec Baldwin (Adam), Geena Davis (Barbara)
Long-métrage américain - 
Genre Fantastique, Comédie
Durée : 1h32min
Date de sortie cinéma : 14 décembre 1988 (pour la France)







Un site très interessant sur Tim Burton et ses films, c'est ICI

J'ai revu ce film récemment et j'ai pris autant de plaisir qu'il y a ...20 ans ! Tim Burton mène la danse de façon joyeusement morbide et avec une poésie qui lui est toute particulière. Justement, en parlant de danse, une scène culte est celle du repas où Barbara et Adam font bouger les convives au rythme de "Banana Boat Song (day-o)" de Harry Belafonte. Un moment délicieux !
Et attention, si l'envie vous prend de crier :" Beetljuice, Beetlejuice, Beetlej..."chut ! vous allez réveiller le "bio-exorciste".





jeudi 11 février 2010

L'Olympe des Infortunes



de Yasmina Khadra

Julliard

2010

230 pages








Le site officiel de Yasmina Khadra est ICI
Le mot de l'éditeur est LA

Mon avis :

L'Olympe des Infortunes, terrain vague de nulle part et de partout, est le refuge, la patrie de ces laissés pour compte qui sont : Ach le Borgne dit "Le Musicien" , Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, Pacha et son amant Pipo, Bliss le Secret, Haroun le Sourd, Einstein le Savant fou et tous les autres Horr. Qu'est ce qu'un Horr ? "Un clodo qui se respecte..qui marche la tête haute...un Homme Libre". Rien à voir avec un SDF de la ville ! 

Une fable philosophique où l'auteur nous parle d'humanité, d'amitié, de solidarité mais aussi de déchéance, de  culpabilité, d'alcool et de ses mirages, de cruauté, de solitude. Khadra veut nous faire réfléchir sur notre société décadente et la "leçon" qu'il en tire, est bien dure.

Après une première partie du livre avec sa galerie de portaits, l'arrivée de Ben Adam, "l'homme éternel" qui a connu "tous les âges, tous les royaumes..." (chacun y verra son prophète) redonne un second souffle au roman. On aurait envie qu'au moins un de ces "paumés", "accidentés de la vie" (car ils ne sont quand même pas arrivés là par hasard ; il y a eu un avant dans leur vie) puisse s'en sortir, recommencer, bénéficier d'une seconde (voire plus) chance...mais non ! Celui qui aura eu le courage de partir, de rêver d'une autre vie,  reviendra encore plus "blessé" qu'avant ; il aura seulement appris "qu'un homme est capable d'aller au-delà de la mort et de revenir".
"...un pays pire que l'enfer, pire que la folie, et Junior ne songera jamais plus à refaire sa vie" termine le roman !


Heureusement, Khadra écrit aussi des phrases comme :
"On passera nos mains par dessus la nuque et on matera la mer jusqu'à prendre la crête blanche d'une vague pour une baleine en train de se marrer"
"Ici c'est notre Olympe et t'es ma part d'éternité. A nous deux, nous sommes le monde"
"Un bon Dieu, c'est comme un préposé aux postes. Si on le charge tout le temps, il finit par péter un câble."  

dimanche 7 février 2010

Les z'amours z'agricoles

Duo fantaisiste
autour de 14 chansons de Ricet Barrier
interprétées a capella
Lucie Flèche : Anne Lehmann
Jules Bonvoisin : Jean-Christophe Goedgebuer







Nouvelle orientation pour mon blog ; il y aura aussi dans mes étagères des coups de coeurs pour des spectacles, des films, des expos et plus si affinités :o)

Hier soir au théâtre du Grand Rond (un lieu où maintenant je vais les yeux fermés, car je sais que je serai toujours agréablement surprise) nous avons assisté à un duo original (Lucie et Jules) qui ont revisité avec talent, les chansons de Ricet Barrier (vous savez, la voix de Saturnin !). Pauvre Ricet, moi je croyais qu'il avait disparu de la scène pour ne pas dire disparu tout court (excusez moi Monsieur Barrier). Eh bien non il est bien et bien et ce spectacle rend hommage à sa poésie, à son humour, à son talent tout simplement.
Les deux comédiens sont irrésistibles ! finement drôles et de belles voix ; à tour de rôle, l'un chante pendant que l'autre fait l'orchestre (car bien sûr, pas de radio dans la brouette) ; des chansons d'amour (une belle complicité entre eux) ; des histoires sur les grillons pour Lucie et les abeilles pour Jules. Bref un spectacle plein d'imagination ! Pour plus d'informations sur la Compagnie Fabulax, c'est ici

Un mot aussi sur Flavia qui nous a régalé de ses chansons  pendant l'apéro (l'assiette de charcuterie -nouveauté du théâtre- et le verre de vin blanc ne nous ont pas laissé indifférents non plus) ; chansons humoristiques, graves parfois ; une belle voix aussi (et pourtant pas au mieux de sa forme ; elle s'est dopée au sirop Stodal à même le goulot). 
Ma chanson préférée "Prolixe Appétence".
Conquis, nous sommes repartis avec son CD dédicacé.

samedi 6 février 2010

La double vie d'Anna Song


de Minh Tran Huy

Actes Sud

2009

192 pages




Le point de vue de l'éditeur ici


Mon avis :

Dans le cadre de la sélection du prix Culture et Bibliothèque Pour Tous, j'ai eu l'occasion de lire ce livre qui fait partie de la sélection (je vous parlerai de ce prix plus en détail dans un prochain article).
C'est l'histoire d'une double imposture, amoureuse et artistique. C'est l'histoire d'Anna Song, "la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler". Un roman à double voix, celle des articles de presse et celle du mari, Paul Desroches (pseudonyme de Paul Eluard dans "Le temps déborde" publié après la mort de sa femme Nusch). Un roman sur le Vietnam, passé, imaginaire et touristique...Un roman sur la musique, sur la mort, le souvenir, sur l'amour,...jusqu'où peut on aller par amour ? Un jeu de miroirs permanents !
Un roman prenant qui mêle intrigue policière et sentiments personnels jusqu'au dénouement final, inattendu...le lecteur aurait-il été berné lui aussi ! 
J'ai eu le plaisir de rencontrer cet auteur dans le cadre du festival Asia à Toulouse, à la librairie Ombres blanches. Minh Tran Huy est une jeune personne, très attachante, et délicieusement bavarde qui a levé le voile sur l'écriture de son livre : ses inspirations (Ravel d'Echenoz entre autre), ses motivations d'écriture (le Vietnam principalement) ; elle écrit ses livres comme elle composerait une musique (créer des ponts entre les différentes histoires, des parallélismes...) ; j'aurais dû prendre des notes :o) 
Mais allez voir ici

" Elle s'était dit qu'il valait mieux me blesser que me décevoir"

" Un mensonge qui vous apporte la paix, ne vaut-il pas mieux qu'une vérité qui vous détruit ?"