dimanche 21 novembre 2010

Ouragan

de Laurent Gaudé


Paru en Août 2010


Actes Sud


188 pages










Plusieurs personnages vont se croiser dans ce roman. Et même si certains ne se rencontreront jamais, ils seront liés pour avoir vécu la même tragédie. Laurent Gaudé parle de "fraternité de destins".
La tragédie c'est Elle, "la chienne" : la tempête de Katrina qui a sévi à la Nouvelle-Orléans en 2005. Elle est la toile de fond de ces histoires croisées.
Il y a Joséphine Linc.Steelson, négresse depuis presque cent ans, qui est restée fidèle à la mémoire de son mari, Marley, assassiné au début de leur mariage et qui a survécu à ses deux enfants.
Keanu Burns qui fuit les plateformes pétrolières qui lui ont pris ses forces et son esprit ; qui retourne vers la femme aimée qu'il avait abandonnée quelques années plus tôt.
Rose, l'abandonnée, dont la vie s'enfonce dans la désespérance , malgré la présence d'un jeune fils, Byron,  qu'elle aime mais mal, car il a pour père, l'homme qui l'a humiliée.
Le révérend  dont la foi prend le mauvais chemin, qui se croit investi d'une mission par Dieu, qui perd la raison et commet l'irréparable.
Les prisonniers de Parish Prison que l'ordre d'évacuation ne concerne pas ! Encore moins bien considérés que des chiens, qui eux ont été évacués par camion...Mais ces criminels, marqués par la violence, le resteront.
Pour tous ces hommes et ces femmes, l'ouragan sera un révélateur et ils le cherchent plus qu'ils ne le fuient.
Laurent Gaudé passe d'une histoire à l'autre, parfois les imbrique dans le même chapitre. 


Mon avis : 
J'ai aimé ce roman. Contrairement à certains lecteurs, le passage sans cesse d'un personnage à l'autre, ne m'a pas gêné bien au contraire. J'ai trouvé ce procédé séduisant. Je me suis laissé envoûtée par ces histoires, tremblant pour chacun ou chacune. Le style de l'auteur est sobre et efficace. Et en prime, une couverture magnifique !

dimanche 31 octobre 2010

Des éclairs

de Jean Echenoz

Paru en 2010

Les Editions de Minuit

174 pages











Vous n'êtes pas un scientifique, un féru de mathématique ou de physique, qu'à cela ne tienne ! Venez découvrir la destinée de Gregor, précurseur à la fois du néon, de la radio, des rayons X, d'internet, de la télécommande, des robots...et j'en passe, et le premier à comprendre l'avantage d'utiliser le courant alternatif, "le précurseur de ce qu'on nommera un jour le tout électrique".

Après un compositeur avec Ravel (2006), un sportif avec Zatopek dans Courir (2008), Jean Echenoz s'interesse à la vie d'un ingénieur, librement inspirée par Nikola Tesla, ingénieur croate, contemporain de Thomas Edison.

Pour Gregor, tout commence par une nuit de violent orage, entre vingt trois heure et une heure du matin : naissance "hors du temps et de la lumière". De ce jour, lui vient son caractère "ombrageux, méprisant, susceptible, cassant "...pour tout dire antipathique ; ce caractère ne s'arrangera pas avec le temps. De là, lui vient sans doute aussi sa passion pour l'électricité et les éclairs.
Dès l'enfance, Gregor est "hors norme" : anormalement grand, sujet à d'inquiétantes fureurs mais d'une intelligence très vive. Ce qui lui permet de devenir ingénieur, de débarquer à New-York à l'âge de 28 ans, en tant qu'homme à tout faire d'Edison. Mais ce dernier ne veut rien savoir des idées de Gregor qui partira proposer son "courant alternatif" à un autre industriel. "Pour lui la vie va prendre un tour plus favorable."

Gregor, dandy orgueilleux et vaniteux, savant extravagant mais brillant qui déposera à la va-vite des centaines de brevets,("les autres vont s'emparer de ses idées pendant que lui passera sa vie en ébullition") ne se soucie guère de faire fortune. "Il n'y a que l'argent que Gregor ne compte pas". En effet, Gregor est également atteint de "TOCs" : tout compter, il affectionne particulièrement les nombres divisibles par trois ; une peur des microbes et toute espèce de germes" qui le contraint à nettoyer sans cesse toute chose autour de lui". 
Gregor aime la solitude "il apparait aussi d'ailleurs qu'il aime mieux être seul  et vivre seul en général et se considérer dans les miroirs plutôt que regarder les autres".Il reste indifférent à la compagnie des femmes, excepté Ethel, épouse d'un ami et pour laquelle il éprouvera un sentiment amoureux mais qui restera un amour platonique. 
Gregor passe son temps à trouver des idées nouvelles et inventer toujours.
Gregor a aussi du coeur  "son objectif principal : un système permettant de procurer gratuitement de l'énergie libre à tout le monde", très mal vu des industriels...
Gregor, lui qui évite tout contact avec les hommes et les femmes, a  aussi une passion pour les oiseaux et les pigeons en particulier, ses seuls compagnons à la fin de sa vie.

Echenoz nous entraine dans cette biographie romancée, oscillant entre humour et dérision, nous ravissant par son style et nous montrant encore une fois comment des choix personnels semblant  peu importants, dessinent le chemin de toute une vie.
Un livre du tonnerre !



mercredi 12 mai 2010

La triste fin du petit Enfant Huitre et autres histoires

de Tim Burton

traduit de l'américain par René Belletto

Paru en 1997

Edition 10/18 Domaine étranger

122 pages







J'apprécie les films de Tim Burton et la découverte de ce petit livre ne m'a pas déçue !!
Voilà un recueil de poèmes illustrés sur l'enfance mais où les enfants ne sont pas comme on pourrait s'y attendre doux et calins ; ce sont des enfants robots, toxiques, d'ordures...de vrais petits monstres, au sens littéral du mot, mais cependant attachants ! On retrouve l'univers noir, humoristique et poétique de l'auteur autant dans le texte que les illustrations.

James
Inopportunément, le père Noel offrit à James un nounours, ignorant qu'il avait été lacéré par un grizzli un peu plus tôt dans l'an.


La Reine Pelote à Epingles

La vie n'est pas drôle pour cette haute magistrate,
La Reine Pelote à Epingles : quand
sur son trône elle pose son séant,
les épingles lui ratatinent la rate.


lundi 19 avril 2010

Hypothermie

de Arnaldur Indridason

traduit de l'islandais par Eric Boury

Metailié


Février 2010


304 pages











 Site de l'éditeur ICI



Mon avis :

L'Islande qui est à la une des actualités ces temps ci, est la toile de fond de ce roman où  le commissaire Erlendur enquête cette fois-ci, tout seul,  loin de ses collègues. Au mépris du réglèment, il veut en savoir plus sur Maria qui s'est pendue dans son chalet au bord du lac. Plus il fouille dans le passé de la jeune femme, plus son intuition lui dit que tout n'est pas aussi clair qu'il y parait. Un mari pas si éploré que ça, un deuil impossible à faire,  des médiums, , des fantômes, des expériences interdites, la vie et la mort qui se côtoient, ...
Parallèlement, il rouvre le dossier de deux disparitions de jeunes gens, vieilles de 30 ans, non élucidées mais pour lesquelles il aimerait apporter une réponse aux parents avant qu'il ne soit trop tard pour eux.
Son obstination l'amènera à faire la lumière sur ces affaires.
Notre commissaire, anti-héros par excellence, est miné lui aussi par ses démons, sa culpabilité : la disparition de son jeune frère, l'échec de son mariage, ses enfants en mal de vivre. Et on en apprend un peu plus sur sa vie privé.
Les paysages islandais rajoutent à l'ambiance noire du roman. 

lundi 22 mars 2010

La reine des pommes



 Réalisé par Valérie Donzelli

Avec Valérie Donzelli (Adèle) Jérémie Elkaim (Mathieu, Pierre, Paul, Jacques)
Béatrice de Stael (Rachel)

 Durée : 1h24

Sortie : 24 février 2010









 
 Le site officiel du film  ici


Un film à la fois émouvant, drôle, dingue, érotique parfois, frais et léger...Valérie Donzelli  compense le manque d'originalité de son sujet (une rupture amoureuse) par une créativité dans la mise en scène des situations (avoir-alire.com), parfois proche du roman-photos. Le jeu récitatif des comédiens donne une ambiance particulière au film,  à la limite de la caricature, tout comme certains personnages (Jacques notamment avec ses grosses lunettes et son imperméable). Un seul comédien pour quatre personnages masculins afin d' appuyer sur l'état d'obnubilation d'Adèle sur son amour perdu, et une belle pirouette finale.
La réalisatrice a aussi composé la musique du film et Benjamin Biolay les paroles des chansons.

Un premier film pour Valérie Donzelli mais un film vraiment peu ordinaire!..à croquer à pleines dents :o)

lundi 15 mars 2010

Mères juives des hommes célèbres

de Bruno Halioua

Edition Bibliophane

2002

233 pages










Si vous avez le temps, écoutez la conférence sur "La mère juive dans tous ses états" présidée par B.Halioua


Vous découvrirez les mamans de Einstein, des Marx Brothers, de Woody Allen, Sarah Bernhardt, Marc Chagall, Anne Franck, Amadeo Modigliani, Marcel Proust, Freud, Karl Marx.
Mais ces mères ne sont-elles pas mères avant d'être juives ? ou alors suis-je un peu juive ? :o) des mères avec leur amour et leur excès, capables du meilleur comme du pire. Certaines sont émouvantes, d'autres drôles, ou encore horripilantes...

Personnellement, j'ai été émue par Nina Gary (la maman de Romain) qui sentant sa fin venir (atteinte d'un cancer) a écrit d'avance près de 250 lettres qu'elle a demandé à une amie d'envoyer à son fils (engagé dans la Résistance) jusqu'à son retour en France. Il nous dit " grâce à ce stratagème, je continuai à recevoir de ma mère la force et le courage qu'il me fallait pour persévérer alors qu'elle était morte depuis plus de trois ans".

Je ne résiste pas à vous faire partager l'humour de cette petite devinette :
Quelle est la station préférée des mères juives ?
-C'est la station Monge ,parce que "Monge mon fils ,monge" !

lundi 22 février 2010

Beetlejuice

Titre original : Beetle Juice
 
Réalisé par Tim Burton
Avec Michael Keaton (Beetlejuice), Alec Baldwin (Adam), Geena Davis (Barbara)
Long-métrage américain - 
Genre Fantastique, Comédie
Durée : 1h32min
Date de sortie cinéma : 14 décembre 1988 (pour la France)







Un site très interessant sur Tim Burton et ses films, c'est ICI

J'ai revu ce film récemment et j'ai pris autant de plaisir qu'il y a ...20 ans ! Tim Burton mène la danse de façon joyeusement morbide et avec une poésie qui lui est toute particulière. Justement, en parlant de danse, une scène culte est celle du repas où Barbara et Adam font bouger les convives au rythme de "Banana Boat Song (day-o)" de Harry Belafonte. Un moment délicieux !
Et attention, si l'envie vous prend de crier :" Beetljuice, Beetlejuice, Beetlej..."chut ! vous allez réveiller le "bio-exorciste".